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L’apprentissage par l’expérience en action : du programme d’enseignement coopératif à la réussite professionnel, le parcours de Nawaf

Nawaf, un élève sourd de l’école E.C. Drury pour les sourds, à Milton, est arrivé au Canada en provenance de l’Irak avec une connaissance limitée de l’anglais et sans maîtriser la langue des signes américaine.

L’initiative des Réseaux régionaux des métiers spécialisés (RRMS) est un projet collaboratif mené par le ministère de l’Éducation, HIEC/Rechercheapprentis.com et Compétences Ontario. En collaboration avec les conseils scolaires et les employeurs, les RRMS contribuent à élargir l’accès aux occasions d’apprentissage par l’expérience dans les métiers spécialisés et à faire connaître les meilleures pratiques, notamment à travers des histoires inspirantes comme celle-ci.

Au cœur du mandat des RRMS se trouve la conviction que l’enseignement coopératif, la formation en apprentissage et les expériences pratiques jouent un rôle essentiel dans la préparation des élèves à des carrières enrichissantes. Le parcours de Nawaf illustre de façon éloquente comment des partenariats solides entre les écoles et les employeurs peuvent ouvrir des portes, particulièrement pour les élèves qui doivent surmonter des obstacles supplémentaires.

Surmonter les obstacles à la communication

Nawaf, un élève sourd de l’école E.C. Drury pour les sourds, à Milton, est arrivé au Canada en provenance de l’Irak avec une connaissance limitée de l’anglais et sans maîtriser la langue des signes américaine.

« Au départ, il lui était extrêmement difficile de communiquer, puisqu’il ne connaissait ni l’anglais écrit ni la langue des signes américaine. La seule langue des signes qu’il connaissait était la langue des signes arabe, que nous ne maîtrisions pas », se souvient Katie Drewes, conseillère en orientation à l’école E.C. Drury.

Malgré ces obstacles, Nawaf s’est rapidement démarqué par sa résilience et son éthique de travail. « Je pensais que ce serait difficile, surtout parce qu’il était plus âgé, raconte Katie. Mais, comme l’a démontré son parcours en enseignement coopératif, il n’a pas fallu longtemps avant qu’il commence à s’épanouir. »

« C’est une relation mutuellement avantageuse, explique-t-elle...les employeurs découvrent des personnes motivées et travaillantes, tandis que les élèves accèdent à des possibilités qui ne leur auraient peut-être pas été offertes autrement. »

 

Un premier stage d’enseignement coopératif pour développer ses compétences et sa confiance

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Au cours de sa deuxième année, Nawaf s’est inscrit à un programme d’enseignement coopératif et a effectué un stage chez Scott’s Car Care, une entreprise locale de nettoyage automobile. En l’espace de quelques semaines, son employeur a été tellement impressionné par son travail qu’il lui a offert un emploi rémunéré en dehors de ses heures de stage.

« Il y a quelque chose de particulier chez lui, souligne Katie. Qu’il s’agisse de travaux d’entretien, de nettoyage automobile ou de son emploi à la ville, il est fier de ce qu’il accomplit et tient à bien faire les choses. »

L’année suivante, Nawaf a enrichi son expérience grâce à un deuxième stage au service des installations de la Ville de Milton. Sous la supervision d’un responsable de l’entretien lui-même sourd, il a bénéficié d’un accompagnement personnalisé tout en acquérant de nouvelles compétences en entretien léger et en soutien aux opérations. À la fin de son stage, il a obtenu un emploi permanent à la Ville de Milton.

« Il arrivait toujours en avance, accordait une grande importance à la qualité de son travail et me racontait avec enthousiasme ce qu’il apprenait chaque fois que je lui rendais visite », se souvient Katie.

 

La valeur de l’enseignement coopératif et de l’apprentissage par l’expérience

Katie souligne les retombées positives de l’enseignement coopératif pour l’ensemble des élèves. « L’enseignement coopératif permet de sortir de la salle de classe, de découvrir concrètement le monde du travail et d’acquérir des compétences qui seront utiles tout au long de la vie », explique-t-elle. Elle ajoute qu’il s’agit également d’une excellente façon d’explorer un domaine avant de s’engager dans un programme collégial ou universitaire menant à une carrière qui pourrait, en fin de compte, ne pas leur convenir.

Pour les élèves de l’école E.C. Drury, l’enseignement coopératif représente aussi une occasion essentielle de découvrir des milieux différents de l’environnement familier et sécurisant de l’école.

« Cela leur permet de sortir de leur zone de confort et de mieux comprendre les réalités du monde du travail », précise Katie.

 

Des partenariats solides avec les employeurs rendent ces réussites possibles

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La collaboration avec les employeurs joue un rôle essentiel dans la réussite de ces parcours. Katie souligne l’importance d’établir des relations de confiance avec les entreprises locales. « C’est une relation mutuellement avantageuse, explique-t-elle. Tout dépend de l’entreprise et de l’élève, mais les employeurs découvrent des personnes motivées et travaillantes, tandis que les élèves accèdent à des possibilités qui ne leur auraient peut-être pas été offertes autrement. »

Elle ajoute que les capacités des élèves ne dépendent pas de leur mode de communication. « Peu importe qu’un élève soit sourd ou entendant, il peut accomplir le travail, et il existe toujours des moyens efficaces de communiquer. » Grâce aux stages d’enseignement coopératif, les employeurs ont non seulement pu recruter d’excellents employés, mais aussi mieux comprendre comment accueillir, accompagner et soutenir des élèves sourds ou issus de divers horizons.

 

Un impact durable

Le parcours de Nawaf illustre toute la force de l’apprentissage par l’expérience et des partenariats avec les employeurs pour aider les élèves à se préparer au marché du travail. Après avoir surmonté d’importants obstacles linguistiques et communicationnels, il a su s’épanouir dans des milieux de travail concrets et occupe aujourd’hui un emploi stable à la Ville de Milton. Cette réussite a été rendue possible grâce aux stages d’enseignement coopératif ainsi qu’à l’engagement du personnel enseignant et des employeurs qui l’ont accompagné tout au long de son parcours.

Katie souligne que les préoccupations initiales des employeurs au sujet de la communication disparaissent souvent très rapidement. « Presque tous les employeurs que nous avons approchés avaient certaines inquiétudes au départ, explique-t-elle. Mais, dès la première semaine, ils constataient que tout allait bien. Ils trouvaient simplement des moyens de communiquer et de s’adapter. »

Des parcours comme celui de Nawaf rappellent toute l’importance des Réseaux régionaux des métiers spécialisés : rapprocher les élèves, le personnel enseignant et les employeurs afin de créer des expériences d’apprentissage concrètes, enrichissantes et porteuses d’avenir.

 

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